|
Noyelles Godault de la reprise aux temps actuelsDans les tous premiers jours de septembre 1944, les forces canadiennes boutent hors de Noyelles Godault les dernières troupes allemandes. La fin de la guerre ne va pas signifier la reprise immédiate des fabrications car les approvisionnements sont défaillants, les installations en mauvais état, et il faut reconstituer les effectifs. Tout appel au marché est assuré de délais de réalisation considérables car l'appareil économique, dans son ensemble, doit être remis en état de fonctionner. Sur le plan des approvisionnements en minerais par exemple, l'accès aux mines situées outre mer est désormais libre mais leur acheminement se heurte à plusieurs obstacles : affrètement des bateaux, destruction des ports de la Manche et de la Mer du Nord et d'ouvrages d'art tels que les ponts de chemin de fer. Les autres fournitures font pour leur part l'objet de restrictions draconiennes, en particulier le charbon et le gaz dont la production reprend très lentement; quant aux produits manufacturés, ils ne sont disponibles qu'au terme de délais chiffrés en mois, voire en années. Durant les années d'occupation, le manque de matières et matériel, dû à la baisse des fabrications mais surtout aux razzias effectuées par l'occupant, n'a pas permis un entretien normal des installations, qui ont de ce fait beaucoup de mal à redémarrer comme en témoigne ce compte rendu d'activité: « la remise en activité de la tour à plomb de chasse a eu lieu le 5 février 1945 avec un personnel nouveau. Les débuts ont été plutôt difficiles, car, malgré un nettoyage préalable des trémies et tuyauteries, la grenaille ne coulait pas dans ces organes et il a fallu procéder à un nouveau nettoyage. La dernière marche datait de 1939. » Il est enfin malaisé de retrouver le niveau des effectifs d'avant guerre. Les prisonniers sont revenus dans leurs foyers, mais un redoutable concurrent les attire en 1945: « La mine, avec ses hauts salaires, son ravitaillement substantiel et ses autres avantages (logement, combustible, soins gratuits...) attire surtout les jeunes qui cherchent. à fonder un foyer. Si le travail au fond les rebute, ils trouvent aisément à se caser dans des travaux annexes moinsfatigants, mais encore pourvus d'assez d'avantages pour que leur nouvelle situation soi nettement supérieure à celle qu'ils avaient chez nous.» Conséquences: un seul four à zinc peut être allumé en 1945, un second l'est en juillet 1946 et un troisième seulement à la fin de cette même année. A partir de décembre 194 et jusqu'en fin 1948, un contingent de prisonniers allemands est affecté à l'usine, il atteindra un maximum de cent soixante dix hommes. |